Commentaire de Marie-Noëlle Thabut
Lecture du livre d’Isaïe 52,7-10
7 Comme il est beau de voir courir sur les montagnes, le messager qui annonce la paix, le messager de la bonne nouvelle, qui annonce le salut, celui qui vient dire à la cité sainte « Il est roi, ton Dieu ! «
8 Écoutez la voix des guetteurs, leur appel retentit, c’est un cri de joie ;
ils voient de leurs yeux le Seigneur qui revient à Sion.
9 Éclatez en cris de joie, ruines de Jérusalem, car le Seigneur a consolé son peuple, il rachète Jérusalem !
10 Le Seigneur a montré la force divine de son bras aux yeux de toutes les nations.
Et, d’un bout à l’autre de la terre, elles verront le salut de notre Dieu.
Commentaire
Dans ce texte, nous voyons deux personnages qu’on a bien du mal à se représenter aujourd’hui : un messager à pied et un guetteur. En notre temps de télécommunications triomphantes, télévision, téléphone portatif, fax…), nous avons un passable effort d’imagination à faire ! Mais, dans le monde antique, il n’y avait pas d’autre moyen qu’un coureur à pied pour annoncer les nouvelles. C’est le fameux exemple du coureur de Marathon. Pendant ce temps, à l’autre bout, sur les remparts de la ville, le guetteur surveillait l’horizon.
Concrètement ici, le messager, c’est celui qui court vers Jérusalem pour annoncer le retour des exilés. Quand Isaïe écrit ce texte, l’Exil à Babylone touche à sa fin. L’exil a commencé en 587 avec les horreurs du siège de Jérusalem par les troupes de Nabuchodonosor. Le peuple a alors tout perdu : sa terre, sa ville sainte, Jérusalem, et surtout son Temple, signe de la Présence de Dieu au milieu des siens. Isaïe nous dit : « comme il est beau de voir courir sur les montagnes le messager qui annonce la paix, le messager de la Bonne Nouvelle qui annonce le salut. »
Les « montagnes » dont il parle (v. 7), ce sont celles qui séparent Babylone de Jérusalem. La paix, le salut, la Bonne Nouvelle (v. 7). c’est le retour d’exil. La Cité sainte, Sion, Jérusalem… est au centre du texte (versets suivants). Elle était en ruines, quasi morte, et elle va revivre. Notre messager vient rassurer la ville dévastée « éclatez en cris de joie, ruines de Jérusalem ! » L’expression ruines de Jérusalem prouve qu’il s’agit bien de la période de l’exil : les armées de Nabuchodonosor ont tout dévasté. Pendant ces 50 années d’exil à Babylone, on a pu douter… et maintenant on pousse des cris de joie.
Le guetteur. Comme son nom l’indique, il guette… et il est le premier à voir le messager. Tout de suite il a compris, il voit déjà le cortège triomphal. Et du haut des remparts, que voit-il ? Qui est en tête du cortège triomphal du retour ? – Le Seigneur lui¬-même ! Oui, le Seigneur revient à Sion, il marche au milieu de son peuple et désormais il sera de nouveau là, à Jérusalem, au milieu de son peuple…
Le Seigneur « rachète » Jérusalem. Nous avons déjà appris que, dans le langage biblique, le concept racheter signifie libérer. Nous connaissons l’institution du Go’el. Pour mémoire, lorsqu’un Israélite a été obligé de se vendre comme esclave ou de vendre sa maison à son créancier pour payer ses dettes, son plus proche parent peut se présenter au créancier pour libérer son parent débiteur. On dit qu’il rachète son parent, qu’il le revendique… Tous ces mots-là pont attribués à Dieu pour dire qu’il est le Go’el d’Israël : à la fois 1 est son plus proche parent et il le libère.
Donc une fois de plus, le Seigneur a libéré son peuple. Il a déployé la force de son bras », comme on dit dans les psaumes. Le texte dit même : « le Seigneur a montré la « force divine » de son ras » (v.10). C’est presque un pléonasme ! La force de son bras :st l’expression consacrée dans l’Ancien Testament pour rappeler
œuvre de libération de Dieu pour son peuple (la sortie d’Égypte. cf. Exode 15 : « à main forte et à bras étendu »). Pour l’instant, la force divine du bras de Dieu qui libère son peuple repose dans _eux petites mains d’enfant.
Compléments
« Aux yeux de toutes les nations » : Israël n’oublie jamais qu’à travers propre élection par Dieu, c’est bien le salut de toute l’humanité que 9:eu veut. Le « salut de notre Dieu » signifie le salut donné par notre Dieu. « Aux yeux de toutes les nations » et « elles verront »… : encore le registre du regard… comme s’il fallait que nous apprenions à ouvrir les yeux).
Psaume 97 (98)
1 Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante, il s’est assuré la victoire.
2 Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations ;
3 il s’est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d’Israël.
La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu
4 Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez
5 Jouez pour le Seigneur sur la cithare, sur la cithare et tous les instruments ;
6 au son de la trompette et du cor, acclamez votre roi, le Seigneur !
Commentaire
Je vous propose simplement deux remarques.
1) D’abord, ce psaume est un cri de victoire, le cri que l’on pousse sur le champ de bataille après la victoire, la « terouah ». Le mot de victoire revient trois fois dans les premiers versets. Ce cri de victoire a pris sa place dans la liturgie du peuple juif, chaque année à l’automne, au cours de la fête des Tentes, à Jérusalem. Cette fête durait huit jours et comptait de nombreuses célébrations : célébrations pénitentielles, sacrifices d’action de grâce, et aussi des « fêtes pour le roi ». Et c’est ce roi que l’on acclamait en poussant des cris de victoire au son des trompettes, des cornes et dans les applaudissements de la foule. Or l’étonnant, c’est que quand on célébrait ces « fêtes pour le roi », au cours de la fête des Tentes, après l’exil à Babylone (6e siècle av. J.C. et les siècles suivants), il n’y avait justement plus de roi en Israël ! Plus de roi visible en tout cas.
Mais d’abord, on se rappelait la promesse de Dieu : on savait qu’un roi, fils de David viendrait et on le fêtait déjà. C’était un moyen d’encourager l’espérance. Par ailleurs, en Israël – même quand un roi régnait encore -, on n’a jamais oublié que le seul roi au monde, le seul pouvoir, le seul maître, c’est Dieu. C’est lu qu’on acclame dans ce psaume 97.
2) Les deux amours de Dieu : son amour pour Israël son élu, son peuple choisi, et son amour pour l’humanité tout entière. Relisons le verset 2 : les nations, ce sont tous les autres, les païens, ceux qui ne font pas partie du peuple élu. En chantant cela, on imagine déjà (parce qu’on sait qu’il viendra) le jour où Dieu sera vraiment le roi de toute la terre, c’est-à-dire reconnu par toute la terre. Puis au verset 3 : « en faveur de la maison d’Israël. » C’est l’expression consacrée pour rappeler ce qu’on appelle l’élection d’Israël. On veut dire par là : oui, Israël est le peuple choisi, élu, mais ce n’est pas pour en jouir égoïstement, c’est pour être le frère aîné, mais non pas l’enfant unique. Dieu aime toute l’humanité, pas seulement Israël. Et quand le peuple d’Israël, au cours de la fête des Tentes à Jérusalem, acclame Dieu comme son roi, il sait bien qu’il le fait déjà au nom de l’humanité tout entière. Remarquez enfin la construction en « inclusion » des versets 2-3 : une phrase centrale, encadrée par deux phrases synonymes. C’est un procédé intentionnel, que nous avons déjà rencontré, qui met en valeur la phrase centrale. Oui, l’élection d’Israël est centrale, mais on n’oublie pas qu’elle doit rayonner sur l’humanité tout entière et cette construction le manifeste bien.
Bien plus, nous pouvons admirer en ce dimanche le génie de la liturgie puisqu’elle nous fait acclamer Dieu comme roi le jour précis où tous les textes proposés nous révèlent que Dieu est amour… Quel moyen superbe de nous rappeler que, seul, l’Amour est tout-puissant, seul, l’Amour est roi !
Commencement de la lettre aux Hébreux 1, 1-6
1 Souvent, dans le passé,
Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées ;
2 mais, dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, il nous a parlé
par ce Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes.
3 Reflet resplendissant de la gloire du Père, expression parfaite de son être,
ce Fils qui porte toutes choses par sa parole puissante, après avoir accompli la purification
des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté divine au plus haut des cieux ;
4 et il est placé bien au-dessus des anges,
car il possède par héritage un nom bien plus grand que les leurs.
5 En effet, Dieu n’a jamais dit à un ange ‘Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré.’
Ou bien encore Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. » 6 Au contraire, au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : que tous les anges de Dieu se prosternent devant lui.’
Commentaire
L’auteur de la lettre aux Hébreux s’adresse probablement à des juifs devenus chrétiens et il médite le mystère du Christ. En scrutant les Écritures, il découvre que Jésus est bien le Messie attendu, qu’Il accomplit bien l’attente du peuple d’Israël : on attendait un Messie-roi, un Messie-prophète, un Messie-prêtre. Jésus est tout cela. Je vous propose donc une remarque sur chacun de ces quatre points : il accomplit l’attente, il est le Messie-prophète, il est le Messie-prêtre, il est le Messie-Roi .
1) Il accomplit l’attente. Les deux premiers versets coupent l’histoire de l’humanité en deux périodes :jusqu’à Jésus-Christ et depuis Jésus-Christ. Dans la première période (que l’auteur appelle « dans le passé »), « Dieu a parlé par les prophètes. » On disait qu’ils étaient la « bouche de Dieu. » « Sous des formes fragmentaires et variées » : on retrouve ici la pédagogie de Dieu envers son peuple. À chaque époque, il a suscité des prophètes qui parlaient à son peuple de sa part, dans des termes qui correspondaient à la mentalité de l’époque. Un peu comme des parents disent à leur enfant, progressivement, au fur et à mesure du développement de son intelligence, ce dont il a besoin pour comprendre le monde et la société dans laquelle il vit.
La deuxième période (appelée « les derniers temps » ou « ces jours où nous sommes »), c’est le temps de l’accomplissement. C’est le verset 2. En Jésus-Christ, le monde nouveau est déjà inauguré. Le Christ est, en lui-même, l’accomplissement du projet de Dieu. du dessein bienveillant.
2) Il est le Messie-prophète. L’auteur écrit : « Dieu nous a parlé par ce Fils. » Jésus est bien le prophète par excellence ; mieux que la bouche de Dieu, il est la Parole même de Dieu, la Parole créatrice « par qui Dieu a créé les mondes » (v.2). Mieux encore, il est le « reflet resplendissant de la gloire du Père » (v. 3) qui, selon saint Jean, dira de lui-même : « qui m’a vu a vu le Père » (il est l’expression parfaite de l’être de Dieu).
3) Il est le Messie prêtre, celui qui accomplit la « purification des péchés. » En fait, c’était le rôle du grand-prêtre d’être l’intermédiaire entre Dieu et le peuple pécheur. Eh bien, en vivant une relation d’amour parfaite avec son Père, une véritable relation filiale, Jésus-Christ restaure l’Alliance entre Dieu et l’humanité. Il est donc le grand-prêtre par excellence. Cette « purification des péchés » (l’auteur reviendra longuement sur ce thème dans la même épître), Jésus l’a opérée en vivant toute sa vie comme un parfait dialogue d’amour et « d’obéissance » avec son Père.
4) Il est le Messie-roi. Enfin, il est effectivement le Roi par excellence : l’auteur lui applique des titres et des prophéties qui concernaient le Messie. On a là l’image du trône royal – « il est as¬sis à la droite de la Majesté divine » -, et surtout il est appelé « Fils de Dieu », or ceci était le titre conféré à chaque nouveau roi, lors de son sacre. De même « tu es mon fils, aujourd’hui je t’ai engendré » était l’une des phrases de la cérémonie du sacre (reprise par le psaume 2). Il est roi sur toute la création, même sur les Anges, c’est-à-dire le monde visible et invisible, comme l’auteur dit : « il est placé bien au-dessus des anges, il a reçu en héritage un Nom bien plus grand que les leurs » (v.4).
Bref, prêtre, prophète et roi, Jésus l’est donc, et c’est pourquoi on peut l’appeler Christ ou, en hébreu, Messie. Toutefois, ce texte nous révèle en même temps notre propre grandeur, puisque notre vocation est d’être intimement unis à Jésus-Christ, de devenir à notre tour, les reflets de la gloire du Père, d’être à notre tour, appelés Fils, d’être rois en lui, prêtres en lui, prophètes en lui. Et si ce passage nous est proposé dès le jour de Noël, c’est pour que nous sachions déjà déchiffrer le mystère de la crèche à cette profondeur. L’enfant qui nous est donné à contempler est porteur tout ce mystère-là et nous en lui, par lui et avec lui.
Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,1-18
1 Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu,
et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
2 Il était au commencement auprès de Dieu.
3 Par lui, tout s’est fait, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
4 En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
5 la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
6 Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean.
7 Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.
8 Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
9 Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans ce monde.
10 Il était dans le monde, lui par qui le monde s’était fait, mais le monde ne l’a pas reconnu.
11 Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu.
12 Mais tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.
13 Ils ne sont pas nés de la chair et du sang,
ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme ils sont nés de Dieu.
14 Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire,
la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
15 Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant
« Voici celui dont j’ai dit : Lui qui vient derrière moi, il a pris place devant moi car avant moi il était. »
16 Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce
17 après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.
18 Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père,
c’est lui qui a conduit à le connaître.
Commentaire
« Au commencement » : Jean reprend volontairement le premier mot hébreu de la Genèse : « be reshit ». Il faut entendre la profondeur de ce mot, car ce n’est pas une précision d’ordre chronologique ! Ce qui commence, c’est ce qui commande toute l’histoire humaine, c’est l’origine, le fondement de toutes choses…
« Au commencement était le Verbe » : tout est mis sous le signe de la Parole (en latin, verbum), parole d’amour, dialogue… Voilà l’origine, le commencement de toutes choses. Beaucoup de philosophes antiques ont également célébré la parole comme origine (en grec, le Logos). « Et le Verbe était au commencement auprès de Dieu » (v. 2-3) : en grec, c’est « pros ton Théon » (littéralement, tourné vers Dieu). Le Verbe était tourné vers Dieu, c’est l’attitude du dialogue. Quand on dit « je t’aime » ou quand on dialogue vraiment avec quelqu’un, on lui fait face ou, du moins, on est tourné vers lui. Tourner le dos, se détourner, c’est rompre le dialogue ; il faut faire demi-tour pour le renouer.
Ce que saint Jean nous dit ici est capital. La Création tout entière – puisque rien n’a été fait sans le Verbe – est le fruit du dialogue d’amour du Père et du Fils ; et nous, à notre tour, nous sommes créés dans ce dialogue et pour ce dialogue. La vocation de l’humanité, – d’Adam, pour reprendre le mot de la Genèse -, c’est de vivre un parfait dialogue d’amour avec le Père. Mais toute notre histoire humaine, malheureusement, étale le contraire. Le récit de la chute d’Adam et Ève, au second chapitre de la Genèse, nous le dit à sa manière : il montre que le dialogue est rompu. L’homme et la femme se sont méfié de Dieu, ont soupçonné Dieu d’être mal intentionné à leur égard ; c’est le contraire même du dialogue d’amour ! Nous aussi, nous le savons bien : quand le soupçon traverse nos relations, le dialogue est empoisonné. Et, dans notre vie personnelle, toute l’histoire de notre relation à Dieu pourrait être représentée de cette manière : tantôt tournés vers lui, tantôt détournés et il nous faut alors faire demi-tour pour qu’il puisse renouer le dialogue… « demi-tour », c’est exactement le sens du mot conversion dans la Bible.
Le Christ, lui, vit à la perfection ce dialogue sans ombre avec le Père : il vient prendre la tête de l’humanité. J’ai envie de dire : il est le « oui » de tout le genre humain au Père. Il vient vivre ce « oui » au quotidien, et alors, par lui, nous sommes réintroduits dans le dialogue primordial : « tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu », c’est-à-dire de retrouver cette relation filiale, confiante, sans ombre. Le seul but du Christ, c’est que l’humanité tout entière puisse rentrer dans ce dialogue d’amour ; c’est cela précisément qu’il veut dire quand il emploie le mot « croire ». « Afin que le monde croie », tel est l’unique souhait de Jésus. Je reprends une phrase de Kierkegaard déjà citée : « le contraire du péché, ce n’est pas la vertu, le contraire du péché, c’est la foi. » Oui, croire, c’est faire confiance au Père, savoir en toutes circonstances et quoi qu’il nous arrive, que Dieu est bienveillant, c’est ne jamais soupçonner Dieu, ni douter de son amour pour nous et pour le monde. Du coup, bien sûr, croire, c’est regarder le monde avec ses yeux à lui.
Regarder le monde avec les yeux de Dieu : « le Verbe s’est fait chair », cela signifie que Dieu est parmi nous, qu’il n’est pas besoin de s’évader du monde pour rencontrer Dieu. C’est dans la chair elle-même, dans la réalité du monde que nous lisons sa présence. Comme Jean-Baptiste, à notre tour, nous sommes envoyés comme témoins de cette présence.